Habitat

En matière d’habitat, il n’existe que peu de témoignages anciens. Pont-de-Buis lès Quimerc’h est une commune qui est toujours restée dynamique et donc les constructions plus anciennes sont remplacées in-situ par des plus récentes.

Ainsi les témoignages les plus anciens remontent aux années 1850-1920. L’activité grandissante de la poudrerie est à l’origine d’un habitat ouvrier situé à la périphérie de la ville, mais aussi de la conservation d’un habitat rural traditionnel où s’est maintenue jusqu’à une époque récente une petite exploitation agricole assurée par une partie de la population qui travaillait en même temps à l’usine.

L’implantation isolée est rare et semble relativement tardive, de toute vraisemblance postérieure à 1800. La majorité des maisons se situe au sein de villages à l’origine composés de plusieurs exploitations agricoles disposant chacune d’espaces ouverts, voire communiquant ainsi que de dépendances. Trois, six, voire plus de fermes, avec leurs logis exposés au sud, forment des unités disposées soit en parallèle, soit d’une manière irrégulière, mais toujours adaptées aux contraintes du terrain ; parfois, un petit réseau de chemins crée une circulation interne et dessert l’ensemble qui compte un grand nombre de fours à pain ou de maisons de four. Cette organisation spatiale de l’habitat ancien aggloméré, correspond aux zones les plus inhospitalières et les plus isolées. L’occupation du sol y est moins dense que dans le reste de la commune.

En ce qui concerne les parties constituantes telles qu’étables, écuries ou celliers, les transformations récentes occultent souvent les fonctions et les dispositions d’origine. En règle générale, ils forment un alignement avec le logis, se situent autour d’une cour ou la délimitent au sud

 

La maison à avancée

Ce type de logis qui n’est pas propre au territoire étudié mais qui s’étend sur une grande partie du Léon et de la Cornouaille, a fait l’objet de plusieurs études.

La maison à avancée est un logis de plan rectangulaire avec un avant-corps de faible largeur ; la partie portée en avant de l’alignement, généralement sur la façade principale, se nomme avancée ou avant-corps.

En Finistère, on utilise plusieurs mots en langue bretonne pour désigner l’avancée ; dans le secteur étudié, c’est le terme d’apoteiz qui est toujours en usage et qui serait, en fait, une bretonnisation du mot français appentis. Il est aussi probable que l’appellation locale apoteiz, issue d’une imprécision linguistique et d’une confusion entre avancée et appentis, soit assez récente.

La carte montre des fortes densités à Pont-de-Buis lès Quimerc’h et Lopérec et une quasi-absence à Rosnoën. La partie orientale du canton du Faou se situe dans une zone limite de la maison à avancée.

Ces logis ont certaines caractéristiques en commun : le percement des fenêtres de l’avant-corps est toujours légèrement décalé vers le pignon abritant le foyer en raison de l’aménagement intérieur (place réservée à la table, aux bancs, aux armoires et lits-clos). Quant à la distribution au rez-de-chaussée, elle est sensiblement la même partout (voir : distribution intérieure).

Il existe un certain nombre de maisons construites aux 17e et 18e siècles, à l’origine de type ternaire à étage, auxquelles on rajoute plus tardivement, surtout au 19e siècle, une avancée, tout en « régularisant » et agrandissant les ouvertures (Kostalan à Quimerc’h).

Cinq variantes de maisons à avancée, construites entre 1681 et 1869 (dates extrêmes relevées), ont été recensées : maison à avancée à étage avec pignon, maison à avancée à étage sans pignon (Kervriou, Migouron), maison à avancée en rez-de-chaussée avec pignon (Traonrivin), maison à avancée en rez-de-chaussée sans pignon, maison à avancée sur façade postérieure, la maison à étage de type ternaire.

Saint Léger

Saint Léger

Kervriou

Kervriou

 

Poêles à crêpes

Dix poêles à crêpes ont été repérés, huit à Pont-de-Buis lès Quimerc’h (le Drenit, Stang ar Voud, Kerivin, Kergaëric, Kervern Izella, Pen ar Reun, Goazanou, Nonnat Izella) et deux à Lopérec (Kervent et Kervinic). Un grand nombre a disparu à une époque récente.

 

Le poêle à crêpes – il s’agit de la dénomination locale usuelle – est un dispositif en maçonnerie destiné à cuire les crêpes de froment et les galettes de sarrasin. L’exemple relevé à Nonnat Izella illustre bien la structure et la mise en œuvre de ce particularisme vraisemblablement cornouaillais ; des poêles à crêpes, dont l’existence est attestée entre les Monts d’Arrée et Briec, sont de toute évidence liés aux modes d’alimentation locale.

Le poêle à crêpes se situe généralement dans un bâtiment jouxtant le logis mais sans communiquer avec lui. On profite de l’existence d’une cheminée pour installer, dans l’angle et éclairé par une petite baie, un massif rectangulaire en moellon qui mesure environ 70 cm de haut, 1,50m de long et 1m de large. Le soubassement est couvert de deux dalles de granite aux centres évidés et pourvus de cavets qui reçoivent les plaques en fontes circulaires ; l’évidement permet de glisser les fagots et braises assurant la cuisson. L’air chaud est évacué par un conduit maçonné qui se greffe sur le conduit de la cheminée.

Lorsque le gaz a remplacé le feu de fagot, donc à une époque récente, l’usage des poêles à crêpes est tombé progressivement en désuétude. Mais quand sont-ils apparus ?

Poêle à crêpes, Nonnat izella  Cliché Inventaire Général

Poêle à crêpes, Nonnat izella
Cliché Inventaire Général

 

 

 

 

 

 

 

DRAC, Inventaire Général réalisé en 1997