Une occupation ancienne

Les découvertes archéologiques faites à Pont-de-Buis lès Quimerc’h témoignent d’une occupation ancienne du site.

La période protohistorique

La protohistoire désigne les périodes finales de la préhistoire et se divise en deux grandes sections : l’âge de bronze et l’âge de fer.

L’âge de bronze s’étend d’environ 2 000 à 700 avant Jésus Christ et l’âge du fer d’environ 700 à 50 avant Jésus Christ. Ces âges sont ainsi désignés car les objets métalliques, en bronze ou en fer, en sont les principaux témoins. En Bretagne, ces témoins sont principalement des haches, poignards et objets en terre cuite. A Pont-de-Buis lès Quimerc’h, ce sont des haches, des fragments d’amphores en terre cuite et un camp, le camp du Muriou.

Le dépôt du Manoir, Age du bronze

Ce dépôt a été découvert lors de travaux agricoles au manoir de Kermorvan en 1923. Il est composé de cinq objets en bronze : deux haches à talon, un ciseau ou burin (sa facture laisse penser que c’est un essai de fabrication), un ciseau à douille et un marteau à douille.

Ces outils semblent avoir été fabriqués par le même artisan forgeron ou charpentier, leur facture les rapproche des fabrications de Rosnoën appelées groupe de Rosnoën à épée à encoches ou Bronze final I.

« Les bronziers de Rosnoën (1 000 av JC) » de J. Briand, Omnée, J. Peuziat in BASF, 1980.

Le camp du Muriou, Age du fer

D’une superficie d’1,45 ha, il est facilement reconnaissable de loin puisqu’il forme l’unique masse boisée fondue dans des champs de grande culture. La procédure de classement est intervenue pour protéger le site des menaces liées aux opérations de remembrement.

En l’absence de fouilles, il est souvent difficile de déterminer la ou les périodes d’occupation de ces sites. C’est la combinaison de données (typo morphologie, morphologie des structures défensives, structures internes et de proximité, mobilier, plans cadastraux, photos aériennes, découvertes fortuites…) qui peut seule permettre de situer chronologiquement un ensemble.

Le camp du Muriou

Le camp du Muriou

Le camp du Muriou peut être situé pendant le second âge du fer car il répond à un certain nombre de critères représentatifs de cette période. C’est un quadrilatère implanté sur une zone plane telle que sommet de colline ou plateau. Ce quadrilatère est délimité par de hauts talus et des douves sur trois de ses côtés. Quelques découvertes fortuites appuient cette hypothèse : des tessons de céramique rouge et une pointe de lance en fer.

Son rôle est difficile à définir en l’absence de recherches plus approfondies, le camp du Muriou est peut-être témoin d’un habitat avec une vocation politique ou militaire ou d’un enclos pour se protéger des bêtes sauvages.

« Les enceintes fortifiées de l’Age du Fer dans le Finistère », Patrick Maguer, in Revue Archéologique de l’ouest, tome 13; 1996

Période gallo-romaine

La période gallo-romaine commence avec la conquête de la Gaule par César (la guerre des Gaules) en 57 av. J.-C. En 52 av. J.-C., les Osismes envoient un contingent d’environ 3000 hommes en aide aux chefs gaulois (Vercingétorix notamment) à Alésia. Après cette défaite gauloise, la Pax Romana est installée, romains et gaulois cohabitent.

Une toponymie rappelant la présence romaine

Selon les études, certains toponymes indiqueraient la présence romaine sur ces lieux. C’est le cas du buis par exemple. Le buis est une plante se développant sur les coteaux calcaires et arides, assez rares en Armorique pourtant le toponyme faisant allusion à cette plante est courant. Il a également été noté que la présence de buis ou l’existence de toponymes y faisant allusion (ou à sa présence) l’étaient sur des sites où des découvertes archéologiques confirmaient la présence de romains.

Une étude superficielle des noms de lieux de Pont-de-Buis lès Quimerc’h associée aux lieux où on été trouvés les tuiles gallo-romaines confirme cette hypothèse. Les relevés du cadastre napoléonien indiquent des lieux qui portent la trace de buis : parc ar beuz en Logonna Quimerc’h, coat roz beuz en Quimerc’h; les lieux dits Pont de Buis, Ty Beuz, Beuzit…. Des fragments de tuiles et de briques romaines ont été trouvées sur plusieurs sites : à Kerancrocq, Botaniec, Coat ty Beuz, Drenit, Kerneuden… Enfin, Pont-de-Buis a plusieurs lentilles calcaires sur lesquelles du buis aurait pu se développer.

Les questions qui se posent maintenant sont : le buis est-il indigène ou a-t-il été importé? Y-a-t-il eu un pont en buis à Pont-de-Buis lès Quimerc’h?

Des découvertes attestant de la présence gallo-romaine à Pont-de-Buis lès Quimerc’h

Plusieurs fragments de tuiles et de briques ont pu être retrouvés à Pont-de-Buis lès Quimerc’h. La présence de ces fragments montre généralement que les lieux étaient occupés par des activités agricoles. La plupart de ces fragments ont été retrouvés sur les rives de l’Aulne et de la Douffine : Kerancroc, Botaniec, Coat Ty-Beuz, Drénit, Goasanneyec.

Un moulin à bras datant de l’époque gallo-romaine a également été retrouvé aux alentours à Kerhuel. Il date vraisemblablement du Ve siècle. Il servait pour le grain et cela montre les activités agricoles qui se tenaient dans la région de Pont-de-Buis lès Quimerc’h à l’époque gallo-romaine.

Enfin, une sépulture de la fin du IVe siècle a été retrouvée dans un four à chaux à Goasanneyec (1911) : il s’agit de celle d’un soldat. Des boucles de ceinture ont été conservées et ont permis d’identifier l’uniforme d’un soldat. Le style de ces boucles a permis également de dater la sépulture vers la fin de la période gallo romaine, période où la Pax Romana se faisait plus fragile et où la défense du territoire s’intensifiait face aux invasions barbares et pirates.

Sépulture gallo-romaine - Dessins du chanoine abgrall, bnf, issue du bulletin de la société archéologique du Finistere, 1911

Sépulture gallo-romaine – Dessins du chanoine abgrall, bnf, issue du bulletin de la société archéologique du Finistere, 1911

La présence de ce four à chaux confirme une présence antérieure : il semblerait que lorsque la sépulture a été retrouvée, le four était abandonné depuis déjà longtemps.

La chaux a été introduite dans toute l’Europe par les Romains qui s’en servaient comme liant en architecture. Les travaux des archéologues ont confirmé que celle utilisée dans les constructions des villes gallo-romaines provenait soit de la presqu’île de Crozon soit de celle de Plougastel.

Dessins du chanoine abgrall, bnf, issue du bulletin de la société archéologique du finistère, 1911