L’importance de la culture d’entreprise

L’histoire de l’agglomération du Pont-de-Buis et celle de la poudrerie sont intimement liées.

Au début du XIXème siècle, le hameau de Pont-de-Buis ne compte que quelques maisons d’ouvriers de part et d’autre de l’ancienne route nationale 170.

A partir de 1860, la poudrerie prend son essor, le hameau de Pont-de-Buis, à cheval sur les communes de Quimerc’h et Saint Ségal, les communes de Quimerc’h, Saint Ségal et alentours ne peuvent fournir suffisamment de main d’œuvre à l’usine. Les travailleurs viennent de tout le département, voire de plus loin pour le personnel qualifié. On fait même appel aux travailleurs coloniaux pour venir y travailler pendant la première guerre mondiale.

La cheminée et la chaufferie de la poudrerie à l'étang du Pont NeufPont-de-Buis se construit, au plus près de l’usine d’abord, le long de l’ancienne route nationale (grand rue et rue du Squiriou), le long de la rivière (Ty Beuz, Goasanneyec) et enfin autour de la gare. La loi Loucheur votée en 1928 facilite l’accès à la propriété tandis que la poudrerie construit des habitations plus importantes pour y loger son personnel qualifié.

L’entreprise développe une forme de paternalisme emblématique de son époque.

Elle crée une bibliothèque d’entreprise dès les années 1870, dans le but d’enseigner le français aux ouvriers bretonnants majoritaires. Elle crée des cours pour adultes, fournit des locaux pour installer l’école, cède des terrains lorsqu’il faut en construire une.


La gare
Son insistance auprès de la compagnie de chemin de fer est à l’origine de la gare de Pont de Buis. C’est grâce à la poudrerie que Pont-de-Buis est « branché » : de 1925 aux années 1960, la poudrerie fournit l’alimentation en électricité de l’agglomération.

 

Rapidement, la population de Pont-de-Buis, majoritairement constituée de poudriers, souhaite se faire entendre aux seins des conseils municipaux auxquels l’agglomération est rattachée (Quimerc’h rive droite, Saint Ségal rive gauche). Ils pèsent un poids non négligeable et leurs récriminations portent principalement sur l’école. L’éducation est obligatoire depuis 1882, la poudrerie compense la non-intervention de Quimerc’h et Saint Ségal en fournissant des locaux, cédant des terrains et en finançant parfois les travaux. La question de la reconstruction du pont de buis dans les années 1930 met du temps à être résolue pour les mêmes raisons. Ainsi les pont-de-buisiens souhaitent prendre les choses en main et pouvoir décider de la vie de leur agglomération. L’idée de l’érection de Pont-de-Buis en commune germe vite dans les esprits. Un premier projet est déposé dès 1930 mais Jean Moulin reste trop brièvement sous préfet à Châteaulin pour le faire aboutir. Par la suite la guerre est déclarée, il faut attendre 1949 et quelques projets avortés pour que Pont-de-Buis soit érigé en commune, amputant Quimerc’h et Saint Ségal de quelques terrains.

Son premier maire fut Suzanne Ploux, épouse du directeur de la poudrerie.

André LE GALL;  » La poudrerie de Pont de Buis, 3 siècles d’histoire « – 1988 « 50 ans d’histoire, Pont-de-Buis lès Quimerc’h – 1949-99  » Association 50 ans d’histoire – archives de la poudrerie-archives municipales