Le déplacement du bourg de Quimerc’h

Un épisode marquant de l’histoire de la commune de Quimerc’h a été le déplacement du chef lieu de la commune dans les années 1870. C’est grâce aux volontés du Comte de Saint Luc, maire de la commune, et du recteur, l’abbé Kerivel qu’ont pu se dérouler ce déplacement et la construction d’une nouvelle église.

 

L’isolement de son chef-lieu est à l’origine de ce transfert : le bourg est situé à l’extrémité nord-est de son territoire, la gare est située en un lieu plus central et la poudrerie, industrie qui commence à se développer à l’extrémité sud-est de la commune.

cadastre quimerc'h

Ainsi pour bénéficier des apports de la modernisation, le bourg doit se déplacer et se rapprocher du centre économique.

D’autre part, cela fait déjà quelques années que le recteur et la fabrique paroissiale insistent pour réaliser des travaux d’entretien et de rénovation à l’enclos paroissial.

L’abbé Kerivel arrive à Quimerc’h en 1859. Rapidement il prend la décision de déplacer l’enclos paroissial et le presbytère. Une lettre de l’évêque, du 5 janvier 1873 au recteur de Quimerc’h indique la position du Comte de Saint Luc, maire, vis-à-vis du projet. L’idée est acceptée par tous mais la commune manque de moyens pour financer un tel projet.

Le décret présidentiel autorisant le transfert du bourg de Quimerc’h parait finalement le 21 novembre 1873.

Après la parution de ce décret le conseil municipal trouve rapidement un terrain : l’église sera construite à Gars-ar-Goff au centre de la commune, à proximité de la voie de chemin de fer et de la gare.

La construction de l’église est confiée à l’architecte Jules Boyer et à l’entrepreneur Armand Gâssis. Pour financer l’aménagement du nouveau chef lieu de commune, il faut faire appel à la générosité de la population qui met en place une souscription volontaire et demande une imposition spéciale pour financer les travaux. L’appui de donateurs, Mademoiselle Le Saulx de Toulencoat et au Comte de Saint Luc, accélère les démarches. Il faut tout de même vendre les biens de la fabrique, l’ancien enclos et tout ce qui le compose pour pouvoir financer la construction de la nouvelle église. Les travaux sont réalisés en deux ans.

Après la construction de l’église et du presbytère, il faut aménager la place, en faire le centre de la vie communale d’où une clôture d’enceinte, la plantation d’arbres, la construction de la mairie et de l’école pour garçons vers 1880 et d’une école de filles en 1889.

Il faut aussi remonter les cloches, descendues de la vieille église, pour que le nouveau bourg prenne toute sa dimension.

Ce déplacement a permis à Quimerc’h de se développer. En 1881 la population du bourg est de 114 habitants, elle était de 68 habitants en 1876, un an avant le début des travaux.