Youenn Gwernig

page081Né à Scaër, il s’y initie à la sculpture sur bois avant d’installer, 25 ans plus tard, son atelier à Huelgoat d’où est originaire son épouse Suzig. Sonneur de cornemuse réputé, il sillonne la Bretagne accompagné à la bombarde de Job Le Corre ou Polig Montjarret. C’est avec ce dernier qu’il crée l’ensemble des sonneurs de la Kevrenn Kemper, futur Bagad Kemper. Au début des années 50, Youenn et Suzig s’associent à Glenmor et Pierre-Yves Moign pour former le groupe « Arnev ». Ils fondent ensemble avec Eliane Pronost, la troupe, “Breizh a gan”. Ils donnent une cinquantaine de récitals a capela de chansons en breton, Youenn assure les parties instrumentales à la cornemuse avec Raymond Le Borgne à la bombarde. Puis, en 1957, le grand Youenn, comme beaucoup d’autres Bretons dans les années 50, décide d’émigrer aux Etats-Unis. Il s’installe avec sa famille à New York au cœur du melting-pot, pendant douze années. Ce séjour influencera durablement son œuvre littéraire et musicale. Bien sûr, Youenn emporte sa cornemuse. Certains soirs de gros cafard, il joue sur le toit de son immeuble new yorkais, la Bretagne lui manque douloureusement.

Épris de littérature et de poésie, il envoie ses poèmes à son ami Ronan Huon qui publie les poèmes dans sa revue Al Liamm. Youenn commence peu à peu à mettre en musique ses poèmes, ainsi naît la complainte, Gwerz an harluad (Complainte de l’exilé). Suivent des dizaines de chansons dont Tap da zac’h, Ni hon Unan, Distro ar Gelted, Identity, Tuchenn Mikael, Nedeleg ou E kreiz an Noz chroniques de la vie des hommes, des bretons, récits poétiques des évènements qui nous touchent et reflets de cette identité bretonne qu’il défendra tout au long de son existence. Youenn découvre la littérature américaine et s’intéresse à un certainJack Kerouac à la recherche de ses origines bretonnes. Après quelques échanges de courrier, la vraie rencontre se fait naturellement. Kerouac apprécie l’écriture de Youenn. Pour l’écrivain américain, c’est la chance de rencontrer un breton « authentique » qui parle anglais et avec lequel il va pouvoir parler de la Bretagne. Cette rencontre est un bonheur que Youenn va mesurer au fil de leurs rencontres. Ils deviennent amis et le resteront jusqu’à la fin. Aucun doute qu’ils sont tous les deux à Avalon et que la rigolade continue. The show must go on ! A son retour en Bretagne, dans les années 70, Youenn Gwernig reste engagé politiquement, militant pour l’identité bretonne : il co-signe le “Manifeste des chanteurs bretons” à Plessala en faveur d’une culture populaire, accepte le poste de responsable des programmes en langue bretonne à FR3 Bretagne en 1983. Poste qu’il occupe jusqu’à la retraite en 91. Décédé le mardi 29 août 2006, à Douarnenez, il repose désormais à Scaër.