Archives mensuelles : novembre 2013

Coup de coeur DVD de l’équipe

« Cesar doit mourir » des frères Taviani

Entre documentaire et fiction, ce film a suivi un groupe de prisonniers lors de toutes les étapes de la création de la pièce de Shakespeare « Jules Cesar ».

Ou comment l’art peut permettre de rompre la monotonie du quotidien en milieu carcéral.

C’est par une image en noir et blanc que les frères Taviani ont choisi de filmer ces comédiens d’un jour. Les récompenses obtenues sont méritées : l’image est belle, le jeu des comédiens est intense.

Alors n’hésitez pas, vous ne serez pas déçus !!

cesar-doit-mourir_120Au centre Giovanni Arcuri

 

 

Comité vidéo

 

Comme tous les ans à l’automne, la médiathèque invite le public à passer de bonnes soirées cinéma. Cette année, le thème choisi est l’acteur : son jeu, sa filmographie… Qu’ils soient français ou anglo-saxons, contemporains ou plus âgés, emblématiques ou non d’une époque, voir et revoir leurs films fournit un prétexte pour discuter et échanger autour du cinéma, sans prétention et de manière conviviale.

 

Du 20 octobre au 10 décembre, participation gratuite

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à télécharger le livret du comité ici.

 

Impressions d’Algérie

La médiathèque a participé cette année encore au mois du documentaire en projetant le film « Rester en Algérie » réalisé par Géraldine Schwartz et Philippe Baron.

Ce dernier était présent lors des deux projections. Une était organisée en direction des élèves du lycée des métiers, l’autre pour tous.

A deux reprises, l’échange était intéressant bien qu’il soit difficile de prendre la parole en public. Ainsi les moments suivant les projections ont permis aux plus timides de discuter directement avec le réalisateur qui s’est prêté au jeu avec disponibilité et gentillesse.

Nous l’en remercions.

Pour les personnes n’ayant pu venir à ces projections, le DVD du documentaire est entré dans le fonds de la médiathèque et sera d’ici peu disponible au prêt.

 

Prix littéraires

Les dernières commandes sont arrivées et parmi elles le nouveau prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le nouveau prix Femina, n’hésitez pas à les réclamer ou les réserver.

S’il ne sont pas sur la table des nouveautés, c’est qu’il sont empruntés….

Pierre Lemaître, « Au revoir là-haut », édité chez Albin Michel.

« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…

Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.

Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Sorj Chalandon, « Le quatrième mur », édité chez Grasset

L’idée de Sam était folle. Georges l’a suivie.

Réfugié grec, metteur en scène, juif en secret, Sam rêvait de monter l’Antigone d’Anouilh sur un champ de bataille au Liban.

1976. Dans ce pays, des hommes en massacraient d’autres. Georges a décidé que le pays du cèdre serait son théâtre. Il a fait le voyage. Contacté les milices, les combattants, tous ceux qui s’affrontaient. Son idée ? Jouer Anouilh sur la ligne de front. Créon serait chrétien. Antigone serait palestinienne. Hémon serait Druze. Les Chiites seraient là aussi, et les Chaldéens, et les Arméniens. Il ne demandait à tous qu’une heure de répit, une seule. Ce ne serait pas la paix, juste un instant de grâce. Un accroc dans la guerre. Un éclat de poésie et de fusils baissés. Tous ont accepté. C’était impensable.

Et puis Sam est tombé malade. Sur son lit d?agonie, il a fait jurer à Georges de prendre sa suite, d’aller à Beyrouth, de rassembler les acteurs un à un, de les arracher au front et de jouer cette unique représentation.

Georges a juré à Sam, son ami, son frère.

Il avait fait du théâtre de rue, il allait faire du théâtre de ruines. C’était bouleversant, exaltant, immense, mortel, la guerre. La guerre lui a sauté à la gorge.

L’idée de Sam était folle. Et Georges l’a suivie.

 

Léonora Miano, « La saison de l’ombre », édité chez Grasset

« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »

 

Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.

Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L’histoire de l’Afrique sub-saharienne s’y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l’obligation d’inventer pour survivre. »

Mois du documentaire

  Projection du film, « Rester en Algérie » en présence du réalisateur Philippe Baron.
Samedi 16 novembre 2013, à 18h, à la médiathèque, entrée gratuite et ouverte à tous
Rester en Algérie

Rester en Algérie de Géraldine Schwarz et de Philippe Baron

Documentaire/ 2012/ 52 Min/ Production: Aber Images

Ce film raconte l’histoire des français restés en Algérie après l’indépendance. Alors qu’ils sont 800 000 à quitter leur terre natale dans un exode tragique, ils sont 200 000 à décider de tenter l’aventure de l’Algérie indépendante. Au cours des décennies suivantes, les évolutions politiques et, en particulier , la décennie noire des années 90 pousseront beaucoup de ces pieds-noirs à l’exil vers la France. Mais certains ne sont jamais partis. Le film part à la rencontre des derniers témoins de l’histoire méconnue. De ces européens qui sont restés en Algérie indépendamment du drapeau, de la religion et du régime politique.